Guide

Négocier sa rémunération

Personne n'entre dans un entretien en sachant ce que le poste vaut, parce qu'aucune source ne le publie pour l'orthoptie. Ce guide part de ce que les cabinets écrivent eux-mêmes dans leurs annonces, chiffres à l'appui, puis démonte les quatre confusions qui font accepter une proposition en croyant qu'elle est bonne.

Durée de lecture
8 min de lecture
Nombre de sections
7 sections
Dernière mise à jour
Mis à jour le 13 septembre 2026

Ce que les annonces proposent aujourd'hui

Aucune source publique ne publie de rémunération de référence pour l'orthoptie : ni l'Assurance Maladie, ni les syndicats, ni les sites qui recopient les grilles d'autres professions. Les cabinets, eux, écrivent parfois leur chiffre noir sur blanc dans leurs annonces. C'est de là que viennent les repères ci-dessous, lus dans le texte de 83 annonces sur les 551 collectées sur le site.

  • Taux horaire net. 25 €/heure, moitié des offres entre 22 et 26, sur 14 propositions distinctes.
  • Salaire mensuel brut. 3 100 €/mois, moitié des offres entre 2 640 et 3 500, sur 11 propositions distinctes.

Ce sont des propositions d'embauche, pas des revenus perçus, et elles concernent le salariat. Rien n'est publié sous 10 propositions distinctes, ce qui explique pourquoi certains blocs manquent : ils existent dans les annonces, mais pas encore assez pour qu'une médiane veuille dire quelque chose. Le détail, et ce qui manque à chaque bloc, est sur la page de l'observatoire.

Premier piège : un brut n'est pas un net

C'est la confusion la plus coûteuse, et les annonces l'entretiennent. Sur les montants relevés, certaines écrivent « brut », d'autres « net », et une partie ne dit ni l'un ni l'autre. Ces derniers sont écartés des repères plutôt que rangés arbitrairement d'un côté : un chiffre dont on ignore s'il est brut ou net n'est pas un chiffre incomplet, il est inutilisable.

Concrètement, les deux repères de cette page ne se comparent pas entre eux : 25 €/heure net et 3 100 €/mois brut ne sont pas deux façons de dire la même somme. Aucune conversion n'est faite ici, et vous ne devriez pas en faire une de tête en entretien : l'écart entre brut et net dépend du statut, de la convention appliquée et de la mutuelle.

La question à poser est donc la première de toutes, avant même le montant : « ce chiffre est-il brut ou net ? » Une annonce qui ne le précise pas n'est pas malhonnête, elle est incomplète, et le demander ne vous dessert jamais.

Deuxième piège : un taux horaire n'est pas un salaire

En orthoptie, l'unité dominante des annonces est l'heure, pas le mois. Or un taux horaire ne devient un salaire qu'une fois multiplié par un nombre d'heures, et c'est précisément ce que la plupart des annonces ne disent pas.

Une annonce du corpus fait le calcul à votre place, et elle est utile parce qu'elle montre la mécanique : « 25 € bruts /heure soit 3 850 € bruts mensuels pour 7 h/j sur 22 jours ». Le montant mensuel n'est pas une propriété du taux, c'est une conséquence de la quotité annoncée. Changez 22 jours en 18, et les 3 850 € deviennent 3 150 € sans que le taux horaire ait bougé d'un centime.

Troisième piège : la quotité que personne n'annonce

Beaucoup d'annonces proposent un temps partiel sans l'afficher au premier plan, et un montant proratisé ressemble de loin à un salaire complet. Le corpus en contient des exemples sans ambiguïté une fois lus en entier : « 532 € pour un 0.2 ETP », ou encore « 280 € nets par vacation d'une demi-journée ».

Ces deux montants sont parfaitement honnêtes et parfaitement incomparables aux repères de cette page, qui sont exprimés à l'heure ou au mois plein. La vacation, en particulier, est une unité courante en orthoptie et absente des repères : une demi-journée n'est ni une heure ni un mois, et la convertir supposerait une durée que l'annonce ne donne pas.

Quatrième piège : les avantages comptés comme du salaire

Les annonces d'orthoptie sont riches en avantages, et c'est une bonne chose : ils ont une valeur réelle. Ce qu'il faut refuser, c'est de les additionner au salaire pour juger l'offre, parce qu'ils ne se négocient ni ne se cumulent de la même façon.

  • Les primes liées à une contrainte. « Prime dimanche » revient souvent : c'est le prix d'un jour travaillé qui ne l'est pas ailleurs, pas un supplément de rémunération. Si vous ne travaillez pas le dimanche, elle vaut zéro.
  • Les primes conditionnelles ou annuelles. Une annonce mentionne « 250 euros en juin et en décembre », une autre une base « hors primes ». Demandez le montant garanti, séparément de ce qui dépend d'un résultat ou d'une présence.
  • Les avantages en nature. Tickets restaurant, participation à la mutuelle, matériel récent, logement de fonction dans un cas : tout cela compte dans la décision, rien de cela n'entre dans un salaire comparable. Une annonce affiche « 2,80 € par repas » ; c'est un avantage, ce n'est pas une rémunération.
  • Ce qui vaut souvent plus que la prime. Le nombre de jours de congés, la prise en charge de la formation, l'autonomie sur l'agenda, la présence effective d'un ophtalmologiste. Ce sont des points négociables, et ils sont moins disputés que le salaire.

Le remplacement, que les annonces ne couvrent pas

Il faut le dire nettement : les repères de cette page ne sont pas les vôtres si vous remplacez. Sur l'ensemble des annonces collectées, la rétrocession n'est mentionnée qu'une poignée de fois. Le taux ne se lit donc pas dans le marché de l'emploi salarié, et aucun texte ne le fixe : il est libre et se négocie au contrat.

Deux outils du site répondent à cette situation sans inventer de chiffre. Le simulateur de revenu du remplaçant part du taux qu'on vous propose et des honoraires du cabinet, et rend ce qu'il vous reste après cotisations. Le comparateur salarié ou remplaçant convertit un salaire proposé en nombre de jours de remplacement, ce qui est la seule façon honnête de mettre les deux modes en face l'un de l'autre. Le guide sur les trois modes d'exercice détaille ce qui les sépare au-delà du revenu.

Préparer l'entretien avec un chiffre

  1. 1

    Notez le repère qui correspond à l'offre

    Le bloc qui a la même unité et la même base que ce qu'on vous propose, et lui seul. Un repère horaire net ne sert à rien face à une proposition mensuelle brute.

  2. 2

    Rendez la proposition comparable

    Posez les trois questions de plus haut : brut ou net, quelle quotité, base ou montant versé. Sans ces trois réponses, aucune comparaison n'est possible, et c'est vrai aussi pour votre interlocuteur.

  3. 3

    Situez-vous dans la fourchette, pas sur la médiane

    La moitié des offres tient entre le premier et le troisième quartile. Demander la médiane quand votre expérience vous place au-dessus revient à négocier contre vous-même.

  4. 4

    Chiffrez ce qui n'est pas le salaire

    Jours de congés, formation, quotité, agenda. Une demande précise sur l'un de ces points aboutit plus souvent qu'une demande vague sur le salaire.

  5. 5

    Citez votre source, elle est vérifiable

    Ces repères viennent des annonces publiées par les cabinets eux-mêmes, et la méthode est écrite sur la page de l'observatoire. Un chiffre dont on peut dire d'où il vient tient mieux en négociation qu'une impression.

Ce que vous pouvez faire pour le prochain

Ce que les cabinets proposent est public. Ce qu'un orthoptiste touche réellement une fois le contrat signé ne l'est nulle part, et aucune annonce ne le dira jamais. Seule une déclaration le peut, et c'est le seul repère que la profession ne peut construire qu'elle-même.

Déclarer ce que vous percevez, anonymement prend deux minutes. Aucun email, aucune adresse IP enregistrée, et rien n'est publié sous 10 déclarations comparables. Vous pouvez aussi regarder les postes ouverts pour voir ce qui se propose près de chez vous.

Vous cherchez une mission d'orthoptiste ?

Les offres publiées en France, regroupées par département, par ville et par type de contrat, avec un point de contact unique pour chaque annonce.

Voir les missions ouvertes

À lire ensuite

Les prochaines missions d'orthoptiste

Il suffit de votre adresse. Vous recevrez les nouvelles offres de votre secteur, avec les coordonnées du recruteur.

  • Gratuit pour les orthoptistes, et ça ne changera pas
  • Uniquement les missions de votre secteur, désinscription en un clic